Marty Supreme
Josh Safdie, USA, 2025o
Marty Mauser ist ein ambitionierter Schuhverkäufer mit grossen Träumen. Mauser verehrt die Ikonen der Hardbat-Ära und sieht sich selbst als Teil dieser glanzvollen Tradition. Doch sein Weg an die Spitze gerät ins Wanken, als er bei einem wichtigen Turnier gegen den Japaner Endo und dessen neuartigen Schläger verliert. Um sich eine zweite Chance und die Teilnahme am nächsten Wettbewerb zu sichern, muss Marty dringend Geld auftreiben. Gelingt ihm das nicht, droht sein Traum, Weltmeister zu werden, im Schuhladen seines Onkels zu verpuffen.
Quand ils veulent, les frères Safdie vont vite. Dady Longlegs, Good Time, Uncut Gems: autant de films auxquels l’idée même de répit est étrangère. Le premier long-métrage en solo de Josh Safdie s’inscrit dans leur sillage. Son héros n’est pas joueur de ping-pong par hasard. Dans un savant mélange de maîtrise et de surprise, Safdie alterne entre revers et smash, remettant constamment la balle du récit – et l'attention du public – en jeu. Pour tenir le coup face à TikTok, le cinéma, ce vieux rêve de vitesse inventé avant les premières autoroutes, se doit d’être frénétique. Physique, le jeu de Timothée Chalamet répond à ce besoin de célérité. Vendeur de chaussures dans le New York des années 50 par nécessité, aspirant au titre de champion du monde de ping-pong par vocation, la crânerie qu’il arbore au début du film, estimant que tout – la gloire, le faste, les femmes – lui est dû, appelle les baffes. Le film a tôt fait de lui distribuer quelques coups sur la tête et les fesses, et le jeune premier n’en finira pas de tomber de haut – à l’instar de cette scène où, assis dans une baignoire, il chute à l’étage du dessous. De retour à Manhattan après un tournoi londonien qui le voit s’incliner en finale face à un Japonais, notre joueur de ping-pong tente de réunir la somme nécessaire pour s’envoler vers Tokyo et prendre sa revanche. Mais la quête de billets de banque s’avère périlleuse, et le génie du tennis de table découvre que sa petite amie, mariée à un autre, est enceinte. Dans sa fuite en avant, le film parvient à être à la fois célébration du capitalisme à l’ancienne et critique de la mainmise de l’argent sur le sport, complice de son héros à l’individualisme forcené tout en lui faisant la leçon. Le dénouement force ce grand-écart de manière quelque peu poussive: il arrive même aux meilleurs athlètes de trébucher sur la ligne d’arrivée. Le sprint précédant n’en demeure pas moins admirable.
Emilien GürGalerieo
